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Palacio Espasa F. (2011). Les deuils des parents et les repercussions sur leurs enfant a l’adolesance.

Relazione presentata al seminario di Formazione Psicoanalitica – Sabato 12 Marzo 2011 “Funzione genitoriale e perdite nell’eta adulta”

Seminario di Formazione Psicoanalitica , 12 Marzo 2011

LES DEUILS DES PARENTS ET LES REPERCUSSIONS SUR LEURS ENFANT A L’ADOLESANCE

Francisco Palacio Espasa

Nous avons beaucoup insisté sur l’importance des deuils dont les adultes sont porteurs et leur répercutions au moment de devenir parent : tant sur l’image et l’identité parentale que sur l’image qu’il va se construire de leur enfant et de la nature de relations qu’ils auront tendance à avoir avec lui.

Les deuils comme il est largement connu constituent un épisode dépressif symptomatique (tristesse, baisse de l’auto-estime, troubles de sommeil, de l’alimentation, manque d’intérêts, et difficulté à avoir du plaisir, etc.) et dont la caractéristique essentiel est qu’il est transitoire. Passés 6 mois à une année la personne récupère des intérêts et sources de plaisir et les symptômes dépressifs s’estompent. Néanmoins, certains deuils par leur importance ont bien plus de conséquences ; par exemple, la perte d’un parent avant l’âge adulte augmente de 20% la possibilité d’une dépression ultérieure et la perte des 2 parents du 50%. Ou encore, la perte d’un parent 1 année avant ou après la naissance d’un enfant démultiplie les possibilités de dépression postpartum, tant chez les mères que chez les pères dont les risques habituelles oscillent de 12% à 15% de la population, come chez les mères.

Quand nous parlons de dépressions postpartum, il s’agit de dépressions cliniques avec les manifestations symptomatiques avant cités bien que chez les pères ces symptômes sont souvent masqués par des défenses et manifestations hypomaniaques. De ce fait, nous avons souvent souligné que « parentalité » rime avec « dépréssivité ». La raison fondamentale est du au fait que le jeune adulte au moment de devenir parent, vient à peine d’élaborer le « deuil développementale de l’adolescence » et doit faire face successivement à l’autre « deuil développementale de la parentalité » qui reprends certains aspects du précédente mais exige des renonciations et des tâches nouvelles.

Le « deuil développementale de l’adolescence » comporte à nos yeux la tâche d’assumer progressivement l’autonomie et l’indépendance à l’égard des parents, intrinsèque à la condition d’adulte que le jeune est en train de devenir. A cela s’ajoute l’arrivé de la sexualité et fertilité adultes qu’il faut assumer et qui pousse à l’exogamie et donc à l’éloignement des parents. Toutes ces tâches impliquent de commencer à renoncer à être l’enfant des parents pour passer à occuper peu à peu la position de l’adulte. Les risques majeurs sont ceux de l’effondrement identitaire (break down de type borderline).

Le « deuil de la parentalité » s’inscrit dans la suite du « deuil de l’adolescence » : la présence de l’enfant, dont l’adulte jeune est le parent, rend inéluctable le fait de « quitter la place de l’enfant » car il y en a un autre qui occupe cette place. Ce qui force cet adulte à prendre la place des parents dans la suite de celle d’occuper celle de l’adulte à partir de l’adolescence. Si l’indentification avec les propres parents était déjà difficile à assumer à l’adolescence et source de problèmes d’identité, les difficultés vont augmenter lorsqu’il s’agit d’occuper la place des parents auprès du propre enfant.

A ce moment le processus dépressivo-mélancoliforme déclenché par les sentiments d’abandon de l’adolescence se renforce et les exigences ou reproches abrités durant l’enfance à l’égard des propres parents se retournent contre eux-mêmes que n’occupent maintenant pas seulement la place de l’adulte mais surtout celles de parents. Il y a des éléments communs et différents dans ces deux « deuils développementales ». Dans le premier cas de l’adolescence les identifications avec les aspects adultes des parents sont plus chargées d’ambivalence par les vécus d’abandon de leur part qu’impliquent les exigences d’autonomie et d’indépendance d’où la fréquence d’effondrements identitaires (break down de Lauffer) de type borderline ou psychotique parfois. Ce qui faisait dire à Oscar Wilde cyniquement que les enfants adorent leurs parents, plus tard les jugent et rarement ils les pardonnent.

Le conflit de devenir parent surgit dans le processus d’élaboration et de résolution de celui de l’adolescence de sorte que l’ambivalence que le nouveau parent retourne contre lui-même est bien moindre. Les reproches et l’agressivité intriqués avec des fantasmes libidinaux, et surtout narcissiques, visant à annuler le conflit et surtout la culpabilité de prendre la place des propres parents. Dans la recherche sur les interventions psychothérapeutiques pour prévenir la dépression postpartum, cette culpabilité de prendre la place de et de voler ou attaquer la propre mère est un des thèmes centraux. Dans le prépartum l’élaboration psychothérapeutique de cette problématique nous permet avec 4 séances d’éviter plus de 50% des dépressions postpartum. Ce même thème de voler la place de la mère nous le retrouvons dans la recherche psychothérapeutique pour la prévention des accouchements prématurés des femmes enceinte avec des contractions avant la 37 semaine de grossesse. Dans ces cas nous avons besoin de 5 à 10 séances étant donné la plus grande ambivalence et culpabilité à l’égard de l’objet maternel. De ce fait les conflits s’expriment de façon corporelle, moins symbolique et donc beaucoup plus difficiles de les rendre conscientes et transformables pour éviter leur expression somatique. De sorte que parentalité rime aussi avec culpabilité.

Ces recherches qui sont en cours actuellement alors qu’auparavant c’était des recherches de thérapies parents-bébés, semblent montrer que les problématiques parentales sont beaucoup plus facilement modifiables avant l’arrivé au monde de l’enfant. Comme si la présence de celui-ci attrait certaines identifications projectives et cristallise en conséquence des identifications parentales complémentaires qui rendent plus laborieux le travail psychothérapeutique. Il est vrai que les psychothérapies parents enfants sont plus difficiles avec l’augmentation de l’âge des enfants notamment à l’adolescence car l’organisation de la personnalité de celui-ci avec sa problématique structurelle rende plus rigide, voir plus régressive la conflictualité parentale.

Maintenant précisons les deuils des parent tels qu’ils apparaissent dans les diverses conflictualités parentales de sévérité croissante que nous pouvons observer dans les psychothérapies parents enfant et plus particulièrement parents adolescents.

Le « deuil développemental de la parentalité » est influencé par 2 modalités de deuils spécifiques :

1) Les deuils d’objets réels très investis (parents ou personnes significatives) qui ont été perdus (mort, séparations, etc.) dont nous avons fait allusion auparavant. Ces deuils en principe s’élaborent avec le passage du temps risquent mais de devenir chroniques et difficiles à résoudre avec la présence de l’enfant. Des telles difficultés sont plus claires avec les bébés, mais peuvent surgir à tout âge des enfants et surtout à l’adolescence de celui-ci car leur devenir adulte constitue une menace de perte pour les parents. La présence de l’enfant, et la relation étroite avec lui, éveille, chez le parent en deuil, l’illusion de récupérer quelque chose de la relations avec la personne perdue et ce faisant s’épargner une partie de la douleur de la perte. Avec des adolescents les besoins des parents de récupérer à travers eux les liens avec la personne perdue, peuvent devenir un frein pour leur processus d’autonomisation qu’ils vivent avec culpabilité ; mais aussi, risquent de renforcer et rendre conflictuel des liens œdipiens infantiles dont le jeune essaye de s’en dégager avec les relations exogamiques avec ses pairs.

2) Mais plus largement répandus que les précédentes sont les deuils d’objets fantasmatiques car ils concernent absolument tout le monde ce qui a fait dire à Freud (1914) la seule fois où il a parlé de la parentalité, alors qu’il a dédié des milliers de pages à l’infantile chez l’être humain, que les parents ont tendance à rendre leur enfant dépositaire du propre narcissisme infantile auquel ils ont du renoncer péniblement. C’est comme ça qu’il devient « His Majesty the Baby ». Et nous constations qu’il s’agit d’un narcissisme antidépressif qu’avec Manzano () nous avons qualifié de narcissisme maniaque parce que comme Freud le précise plus tard, le but de cela est d’épargner l’enfant des vécus de frustration, ou de privation qu’ils ont vécus péniblement. Cela nous l’écoutons de manière très graphique lorsque nous interrogeons un adolescent de comment il se voit comme parent. A différence d’une enfante de 10 ans qui donnera une image très conformiste avec celle de ses propres parents, l’adolescente dira : « Moi en tout cas je ne serais jamais un parent si sévère que mon père ou si souvent absente que ma mère, etc. ».

Nous constations alors que ce jeune à l’abordage de l’âge adulte, est en train de se construire un idéal de parent qu’il aurait aimé avoir et donc il prétend déléguer à sa progéniture l’image de l’enfant idéal qu’il aurait aimé être. C’est-à-dire il prétend déléguer à l’enfant le narcissisme infantile qu’il a construit pour s’épargner des sentiments de frustration, de privation, etc. qu’il a vécu dans la relation avec ses propres parents. Ce faisant il cherche à l’épargner des sentiments pénibles qu’il a de la peine à accepter.

En somme, la perspective, et surtout l’arrivé, de l’enfant lui donne l’occasion d’éviter d’affronter le deuil des parents idéaux qu’il aurait aimé avoir (deuil d’objets fantasmatiques) ainsi que de l’enfant idéal qu’il aurait aimé être (narcissisme infantile délégué à l’enfant).

Nous pouvons constater que ce narcissisme parentale normale et courante aux yeux de Freud, est l’héritier et le résidu de la composante narcissique de l’adolescence du jeune parent, qui n’a pas été en mesure d’accepter les limitations et difficultés des propres parents avec la reconnaissance des frustrations et impositions quelles impliquent. En effet, lorsqu’avec l’élaboration du narcissisme juvénile les parents sont en mesure de reconnaître les difficultés et problèmes qu’ils ont eus avec leurs propres parents, la parentalité devient une phase du développement vers la maturité. Elle constitue une « réédition corrigée » par des idéaux constructifs, et pas outranciers et grandioses, des bonnes relations que les parents ont eu avec leurs propres parents, tout en pouvant mettre des limites à leurs enfants.

Dans les Conflits de Parentalité Névrotiques les parents ont beaucoup de peine à se faire à l’idée que certains aspects plus saillants des limitations des ses propres parents ne sont irrémédiablement arrivés et essayent de les annuler à travers l’identification avec le parent idéal qu’ils auraient aimé avoir (tolérant, indulgent, présent, disponible, etc.). Ils identifient projectivement leur enfant avec l’enfant idéal qu’ils auraient aimé être (toléré, entouré, choyé, etc.). Ce faisant ils ont l’illusion de nier leurs deuils et de « réécrire en idéale leur histoire » sans frustrations ni privations ou oppressions. Mais cette illusion narcissique implique une dépendance à l’égard des propres parents, dépendance qu’ils reproduisent à l’égard de leurs enfants, prisonniers qu’ils sont de leurs idéaux parentaux qui les empêchent de leurs poser des limites, notamment pour les aspects qu’ils ont vécu comme inacceptables chez leurs parents.

Dans les Conflits de Parentalité Dépressivo-Masochique les deuils des parents sont plus conflictuels car plus chargés de culpabilité. Ces parents se sont sentis des « enfants très difficiles » pour leurs propres parents, trop soumis, qu’ils ont vécu comme leurs « victimes ». De là, les grands sentiments de culpabilité emmagasiné pendant l’enfance à l’égard de ces parents. Ou bien, d’autres parents ont abrité des « énormes reproches ou revendications à l’égard de parents vécus comme « indignes » car trop exigeant, limitant, frustrant, etc., mais qu’ils n’ont jamais pu reconnaître ni oser penser.

Des tels parents poussent encore plus loin que les névrotiques leurs idéaux parentaux pour expier la culpabilité à l’égard des propres parents de manière qu’ils deviennent les « victimes » de leurs enfants qui peuvent dans les formes extrêmes les martyriser. Ils acceptent avec résignation de « gagner la palme d’or du martyr » pour ne pas se sentir en aucune manière le parent rejetant et indigne. Ici le narcissisme parental est encore plus extrême et la grande dépendance infantile à l’égard des propres parents se retrouve dans la relation avec les enfants qui les tyrannisent de façon caricaturale, parfois pathétique sans qu’ils puissent leur mettre la moindre limitation. Mais ce faisant ils expient les deuils très chargées de culpabilité à l’égard des propres parents.

Dans les Conflits de Parentalité Narcissico-Dissociés nous constatons au moment de la parentalité la poursuite, voir le renforcement du narcissisme adolescent. Les deuils de leur passé infantile sont très difficiles à affronter car ils sont si pénibles qu’ils se ont devenus des sentiments de catastrophe, voire, par transformation projective aboutissent à des vécus d’avoir été traumatisées par les relations avec l’un ou l’autre de leurs parents ou les deux qu’ils ont essayé d’éviter ou de dénier. Mais la présence de l’enfant impose des contraintes qui forcent alors ces parents à faire des identification projectives conflictuelles sur eux d’images des propres parents persécuteurs ou d’eux mêmes entant qu’enfants très chargées d’agressivité ou de rage. Cela génère des sentiments de persécution à l’égard des propres enfants très difficiles à reconnaître et que le parent essaye de dénier, car ils vont à l’encontre de « l’instinct de conservation de l’espèce » pourrait-on dire avec un terme classique mais désuète. Pour ce faire ils s’identifient avec des images parentales « distantes », voire « rejetantes », ou encore ouvertement « hostiles » et agressives lorsque le déni est difficile à maintenir. Déni qu’ils réinstallent dès que possible car ils sont incapables d’affronter les deuils très conflictuels de leur passé infantile et donc à penser ces vécus si problématiques. Ces parents deviennent facilement persécutés par le psychothérapeute lorsque celui-ci s’intéresse à leur histoire infantile car cela réactive chez eux des deuils inabordables et donc inacceptables.

Les difficultés des parents à accepter l’adolescence de leurs enfants, et les problèmes que celles-ci posent à tout parent, évidemment dépendra des conflits de parentalité que ce période d’âge de l’enfant réactive chez eux en fonction de leur passé avec les propres parents. Cela veut dire que si bien il existe une certaine correspondance entre Parentalité Névrotique ou Dépressive et organisation de personnalité du parent du même ordre, cette correspondance est loin d’être absolue et il y a d’excellents parents de bébés qui deviennent calamiteux à l’adolescence de l’enfant ou l’inverse en fonction de la multiplicité de facteurs de leurs relations familiales ou bien situations et circonstances événementiels. C’est l’extraordinaire complexité de l’être humain. « L’être humain n’arrêtera jamais de me surprendre ! » a dit Bion le jour où on lui a annoncé qu’il avait une leucémie aigue et mortelle.

Nous allons faciliter 2 vignettes cliniques pour exemplifier ces propos : la première du deuil réel et fantasmatique d’une mère avec une conflictualité parentale névrotique avec une action « névrotigène » pour l’adolescente. Le deuxième d’une mère avec un deuil dans le cadre d’une parentalité plus narcissique avec des répercussions psychopathologiques plus sévères sur la fille (anorexie).

CONCLUSIONS

En lignes générales un parent avec une Conflictualité Parentale Névrotique risque d’essayer d’annuler le deuil de la perte de l’enfant (idéalisé dans l’un ou l’autre aspect) qui commence à s’éloigner pour devenir adulte. Néanmoins les plus grandes disponibilités d’investissement libidinal qui caractérise le fonctionnement névrotique du parent aura tendance à renforcer les identifications projectives idéalisantes d’images œdipiennes très investies sur leur enfant. Ce surinvestissement piège l’adolescent dans son processus de développement car le poursuivre est vécu comme abandonner le parent, mais l’arrêter va renforcer son conflit œdipien qu’il essaye d’échapper par l’exogamie qui va de par avec l’autonomie. En générale, ces pièges parentaux provoquent chez le jeune des manifestations névrotico-dépressives, parce que le refoulement « poreux » de projections œdipiennes des parents va laisser transparaitre surtout l’idéalisation de l’enfant et l’importance qu’il a pour le parent.

Les Parentalités Dépressivo-Masochiques risquent de vivre comme des reproches et un abandon, l’autonomie de l’adolescent, d’autant plus qu’elle s’accompagne d’une plus grande affirmation de Soi qui par moments ne peut s’exprimer que par l’agressivité. Agressivité et tyrannie que ces enfants avaient manifesté en tant que bébés et jeunes enfants, mais qu’à partir de l’âge de latence avec le refoulement des conflits œdipiens par l’établissement d’un Surmoi organisé, l’agressivité passe à renforcer la rigueur du Surmoi et à donner des troubles de l’auto-estime. Ces enfants à l’âge scolaire ont tendance à présenter des organisations de personnalité « para-névrotiques » ou « para-dépressives » dans les cas plus sévèrs. Les problématiques dépressives de l’enfant risquent d’être renforcées à l’adolescence avec la nécessité d’une plus grand affirmation et donc d’une certaine agressivité pour déployer son autonomie. En somme que les deuils des parents risquent de contribuer à l’inhibition plus ou moins importante des jeunes, avec des formes diverses de manifestations dépressives ou anxieuses dans les cas légers.

Les Parentalités Narcissique-Dissociés sont beaucoup plus imprévisibles face aux deuils de l’éloignement de leurs enfants devenus adolescents, en fonction du type d’identification projective pathologique qu’ils font sur eux. S’ils « évacuent » chez eux des images pérsécutoires et négatives d’eux-mêmes et, ou, des propres parents ils peuvent se sentir soulagés de leur départ et ne pas se montrer attristés. Mais le plus souvent les vécus de persécution sont mal supportés et défensivement les identifications projectives deviennent « annexantes » faisant des fantasmes de fusion de type narcissique. Ils se montrent alors très exigeants, voir dénigrants à l’égard des enfants car il s’agit d’un narcissisme persécuteur et destructeur qui masque mal les vécus de persécution.

10.11.2010

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